- Accueil
- Actualités
- FEMMES DE LA FRENCH TECH – Sara Moudrik Horn, CEO de Luckiwi
FEMMES DE LA FRENCH TECH - Sara Moudrik Horn, CEO de Luckiwi
La Mission French Tech et son réseau des Capitales et Communautés French Tech se mobilisent pour mettre en lumière les femmes qui, partout en France et dans le monde, font la French Tech.
Parce qu’on ne les voit pas encore assez, et qu’on a besoin de plus les voir pour que d’autres les rejoignent, nous donnons la parole à celles qui sont déjà des piliers de la French Tech.
Zoom sur Sara Moudrik Horn, CEO de Luckiwi.
Quel a été ton déclic « French Tech » ?
Mon parcours a commencé à l’INSA Lyon, où j’ai été formée comme ingénieur. Après mes études, j’ai passé cinq ans dans un grand groupe de conseil, un environnement où j’ai eu la chance d’explorer de nombreuses solutions de gestion de projet et de planification des ressources. Et pourtant, malgré la sophistication de ces outils, parfois développés en interne au prix de budgets colossaux, le scénario se répétait toujours : les équipes finissaient par tout abandonner pour… un simple fichier Excel.
Ce constat m’a profondément marqué. Pas parce que ces solutions étaient “mauvaises”, mais parce qu’elles oubliaient l’essentiel : l’humain qui doit les utiliser.
Face à cette complexité imposée, les gens choisissaient spontanément la simplicité, même si elle n’était pas optimale.
Puis est arrivée la période du Covid. Comme beaucoup, ça m’a forcé à un arrêt, à une introspection.
Je me suis demandée : à quoi j’ai envie de consacrer mon énergie ? qu’est-ce qui a vraiment du sens pour moi ?
La réponse s’est imposée.
Depuis toujours, ce qui me fait vibrer, c’est d’aider les autres à mieux travailler, à enlever de la friction, à simplifier ce qui peut l’être.
Alors j’ai décidé de me lancer en créant une solution qui ferait exactement l’inverse de ce que j’avais vu jusque-là : un logiciel ultra simple, intuitif, qui s’adapte aux utilisateurs, et non l’inverse.
Un logiciel qui fluidifie l’organisation, la gestion de projet et la planification… sans jamais devenir une contrainte.
Cela fait maintenant cinq ans que l’aventure a commencé.
Et avec l’arrivée de l’IA, notre solution a pris un tout nouveau tournant. Nous avons intégré progressivement des modules intelligents capables d’automatiser les tâches les plus chronophages : planification, génération de comptes rendus, suivi… Résultat : nos utilisateurs gagnent en moyenne un jour de travail par semaine et par collaborateur.
Aujourd’hui, notre solution n’est plus seulement un logiciel mais un véritable agent IA de gestion de projets, un partenaire invisible qui libère du temps, de la clarté et de la sérénité.
La chose dont tu es la plus fière ?
La réalisation dont je suis la plus fière, c’est d’avoir transformé un simple constat de terrain, celui de voir des équipes abandonner des outils de gestion de projet trop complexes pour revenir à Excel, en une solution aujourd’hui adoptée, reconnue et mise en avant dans plusieurs médias comme BFM Business, Le Progrès, le Dauphiné Libéré ainsi que dans l’actualité de la région Auvergne Rhône Alpes.
En cinq ans, j’ai créé une solution utilisée par plus d’une cinquantaine d’entreprises et plus de 1500 utilisateurs, qui réconcilie les équipes avec la gestion de projet. Elle est simple, intuitive et désormais renforcée par l’intelligence artificielle, capable d’automatiser des tâches comme la planification ou la génération de comptes rendus. Cette évolution permet à nos utilisateurs de gagner en moyenne un jour par semaine et par collaborateur, ce qui transforme concrètement leur quotidien.
Pour moi, cette réalisation va bien au-delà de l’aspect technologique. Elle démontre que lorsqu’on remet l’humain et la simplicité au centre, on peut créer un impact réel, reconnu et véritablement utile. C’est précisément ce qui me motive chaque jour.
Ton objectif professionnel le plus fou ?
Mon objectif professionnel le plus fou serait de réinventer totalement la gestion de projet en créant le premier agent intelligent capable de prendre en charge, de manière autonome, toutes les tâches opérationnelles qui épuisent les équipes. Je rêve d’un futur où nos utilisateurs n’auront plus besoin de passer des heures à planifier, reporter, suivre ou relancer, parce qu’un assistant IA fiable, transparent et éthique s’en occupera pour eux.
L’ambition est de libérer des millions d’heures de travail et de replacer l’humain là où il excelle vraiment : la créativité, la stratégie et la collaboration.
Si tu pouvais revenir en arrière, est-ce qu’il y a quelque chose que tu ferais différemment ?
Si je pouvais revenir en arrière, j’aurais probablement testé certaines idées plus tôt, sans attendre qu’elles soient parfaites. L’apprentissage que j’ai tiré de la création de ma startup, c’est que la vitesse d’expérimentation et l’écoute des utilisateurs sont plus précieuses que toute hypothèse théorique.
Mais chaque expérience m’a permis d’affiner ma vision, donc je considère que même les détours étaient nécessaires. Ils ont construit l’entrepreneure que je suis aujourd’hui.