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Achats publics et innovation : une démarche originale de Saint-Étienne Métropole
Pour intégrer l’intelligence artificielle générative à ses services, Saint-Étienne Métropole et la Ville de Saint-Étienne auraient pu lancer une consultation classique. La collectivité a choisi une autre méthode : confronter plusieurs prestataires à une dizaine de cas d’usage concrets et évaluer directement leurs solutions.
Sébastien Valla, Directeur des Systèmes d’Information et du Numérique chez Ville de Saint-Etienne & Saint-Etienne Métropole, revient sur cette démarche et sur les conditions dans lesquelles elle pourrait être reproduite pour d’autres projets innovants.
Pourquoi avoir cherché une alternative à une consultation classique ?
Nous sommes soumis aux règles des marchés publics. Sur le montant que nous souhaitions allouer, nous avions deux possibilités : lancer une consultation classique, avec la rédaction d’un cahier des charges, la publication du dossier et toute la procédure associée, ou passer par une centrale d’achat comme l’UGAP.
Dans le premier cas, nous partions sur cinq à six mois de délai minimum. Ce n’est pas anodin.
Nous avons choisi de passer par une centrale d’achat, mais plutôt que de nous contenter des offres existantes, nous avons voulu challenger plusieurs prestataires.
Comment avez-vous organisé ce challenge ?
Nous avons constitué un groupe de travail avec la direction de la communication afin de construire une dizaine de cas d’usage, du plus simple au plus complexe, essentiellement autour de la rédaction et du traitement de contenus.
En parallèle, nous avons identifié des prestataires susceptibles de répondre à nos besoins : de très grands acteurs mais aussi des entreprises plus petites, notamment locales.
Nous leur avons laissé quinze jours pour préparer une audition d’une heure et demie, en présentiel ou en visioconférence. Ils ont reçu les cas d’usage ainsi que notre grille d’évaluation. Tout était transparent : ils savaient exactement sur quoi ils seraient évalués.
Nous avons retenu cinq candidats. La démarche a été plutôt bien accueillie, aussi bien par les prestataires que par nos équipes.
Pourquoi était-il important de tester concrètement les solutions ?
Tout le monde serait venu nous présenter « la meilleure IA ». Si nous avions rédigé un cahier des charges classique, chacun nous aurait répondu qu’il savait tout faire.
Nous voulions voir les solutions fonctionner, pas simplement qu’on nous dise qu’elles fonctionnaient.
Nous avons aussi pu observer l’implication des candidats, leur capacité à se préparer, à réagir et à travailler avec nous. Cela fait aussi partie de l’évaluation.
Qu’avez-vous appris de cette mise en situation ?
Nous pensions avoir construit des cas d’usage très ambitieux.
Tout le monde n’a pas réussi l’ensemble des fonctionnalités, mais la qualité des réponses a été impressionnante. À une exception près, les candidats sont quasiment tous allés jusqu’au bout.
Ils ont réussi à traiter ces dix cas d’usage en seulement une heure trente. Nous ne nous attendions pas à ce niveau de performance.
Finalement, un très grand acteur et The QA Company sont arrivés en tête de notre grille d’évaluation.
Cette méthode peut-elle être reproduite pour d’autres achats publics ?
Oui, lorsque le contexte s’y prête.
Cette méthode ne serait pas adaptée à un très gros projet comme le remplacement d’un logiciel de gestion financière ou RH, où les règles métier sont beaucoup trop nombreuses.
En revanche, pour certains projets innovants, nous avons démontré que cette approche fonctionne particulièrement bien et nous la réutiliserons sans hésiter.
The QA Company est une startup stéphanoise spécialisée dans l’intelligence artificielle générative, fondée en 2019. Elle développe QAnswer, une plateforme qui permet aux organisations de créer des assistants IA capables de répondre aux questions à partir de leurs propres données, de manière sécurisée.